• Sapa et alentours : des rizières à perte de vue

    On vous avait laissé lundi matin, sous la pluie de Sapa. On n'a donc pas fait grand chose de notre journée de lundi, on a attendu que la pluie s'arrête. Et, oh miracle, elle s'est arrêtée vers 16h. On en a profité pour mettre le nez dehors et aller se promener vers le village de Cat Cat, qui peut se rejoindre à pieds depuis Sapa. On paye notre droit d'entrée dans le village, on marche un moment, on commence à voir quelques rizières et au bout d'un moment on se trouve un joli point de vue et on admire ça :

    Pas mal ?? On avait déjà vu des rizières lors de notre voyage de noces à Bali, mais là, il y en a partout. Que des rizières sur des kilomètres. En plus, on a de la chance, ils viennent de replanter le riz, donc les couleurs sont plutôt belles, le vert ressort bien :  

    On a marché un bon moment pour descendre tout en bas du village, en traversant de nombreuses boutiques, en croisant des buffles, des chèvres, des cochons... On a vu une belle cascade en arrivant en bas :

     

    On est ensuite remonté, toujours des rizières, de belles couleurs...

    La journée de lundi se termine, on rentre à l'hotel, en espérant que la météo sera meilleure pour les 2 prochains jours, car faire un trek sous la pluie, c'est moins sympa !

    Mardi matin, on se lève vers 8h, on a rendez-vous à 9h à l'agence. Point positif : il ne pleut pas, même si le soleil est encore bien caché par les nuages, c'est déjà ça. On prépare nos sacs en prenant tout ce qu'il faut contre le froid, la pluie... Les nuits sont assez fraîches dans les montagnes. On arrive à l'agence, on fait la connaissance de notre guide : Ta (oui, oui, ça se prononce comme ça) et d'Emily, une écossaise qui va faire le trek avec nous. On avait espéré qu'elle soit française, mais non, il va falloir parler anglais pendant 2 jours. On prend le minibus pour se faire déposer au début de la rando. On roule pendant 10 minutes, la route est pas mal, jusqu'à ce qu'on voit un énorme tas de boue au milieu de la route. Avec la pluie de ces derniers jours, le bord de la montagne, qui ne tenait déjà pas bien, a glissé sur la route. Ils sont en train d'enlever le plus gros avec les pelles. Notre minibus tente le passage, mais on se retrouve coinçé au milieu de la boue... OUPS ! Ca nous rapelle étrangement un certain trajet en bus en Argentine... Après plusieurs essais infructueux, le camion devant nous vient nous donner un coup de main, il nous tire avec un cable. Et voilà, on est reparti pour faire... 50 mètres... On s'arrête à nouveau et le guide nous dit de descendre du minibus. On entend le bruit d'un pneu qui se dégonfle. Quand on n'a pas de chance... Ils démontent donc la roue pour la changer, tout se passe bien et on peut repartir 15 minutes plus tard.

    On commence à marcher vers 10 heures, on est bien, il ne fait pas trop chaud. On voit assez vite des rizières, ça tombe bien, c'est pour ça qu'on est venu ! (on vous prévient on adore les rizières, Nico a fait 200 photos, alors préparez-vous à en voir quelques unes dans cet article... et les plus belles sont vers la fin !)

     

    On arrive assez vite face à un problème : encore un glissement de terrain, notre sentier est tout bloqué. Pas grave, on est en "trek", on est des vrais de vrais, on va passer. Le guide nous dit que si on a peur de salir nos chaussures, on peut les enlever et passer pieds nus. Mais non, c'est bon, on a du super matos, des chaussures Salomon de compet' "made in France", c'est pas de la gnognotte ! C'est pas un peu de boue qui va nous arrêter. Donc on commence la traversé, on s'enfonce de 5 centimètres, puis 7, puis 10... Ca y'est, ça a recouvert les lacets, faudra nettoyer... On s'enfonce encore, on voit la boue recouvrir complètement nos chaussures ! Bon, on passe au plan B, demi tour et passage pieds nus, sinon ça va tout rentrer dans les chaussures. Donc on relève bien le pantalon, et c'est parti, on est dans la boue jusqu'aux genoux ! La sensation est assez désagrébale, et en plus je me suis fait un peu peur, c'était très glissant, les cailloux en dessous étaient coupants, et surtout il y avait un gros ravin à gauche... Disons que j'étais bien contente d'arriver au bout ! On est des trekeurs, des vrais de vrais, mais on préfère les sentiers normaux ! Ensuite c'est opération nettoyage dans un torrent, j'vous dis pas le bazar ! 

    Mais nos chaussure Salomon (qui au passage sont "Made in Vietnam", on a vérifié l'étiquette !) ont bien résisté au nettoyage, elles sont bien imperméables. Encore un bon achat !

    Notre marche se poursuit, les paysages se succèdent, on est bien. Notre guide nous explique plein de choses, sur le riz, les minorités ethniques, sa vie... Il parle super bien anglais, on comprend tout. Pour le riz, ça correspond bien à ce qu'on avait pu observer vers Tam Coc, ils ramassent le haut des feuilles quand elles sont jaunes, et ensuite passent les épis dans l'égréneuse. Ici ça se fait en septembre, on est donc au début de la croissance du riz : 

     

    A un moment on a vu de nombreuses pousses de riz sur notre sentier, j'ai demandé si c'est le vent qui avait amené les semences jusqu'ici. Le guide m'a expliqué que lorsqu'ils transportent les semences par mobylette, il y a souvent des accidents (vu l'état de la route on comprend !) et que les sacs se percent. Ils ramassent ce qu'ils peuvent, mais certains grains restent là, et ensuite, la nature fait son travail ! Sur cette photo on voit bien le grain de riz du départ, celui qu'ils mettent en terre pour faire les cultures. Ce grain de départ est acheté exclusivement auprès du gouvernement qui en fixe donc le prix (on est quand même dans un pays communiste, ne l'oublions pas...)

    Les terrasses ont été "fabriquées" il y a plus de 400 ans. Aujourd'hui, les habitants cultivent celles qui existent déjà et ne cherchent pas en à "créer" de nouvelles. On adore les formes : 

     

    On a traversé quelques villages, mais on a vu peu d'habitants, ils sont aux champs. Par contre on a vu à peu près tous les animaux de la basse-cour : poules, canards, chèvres, chats, chiens, oies, cochons... 

    Les habitants qui vivent dans ces villages sont issus de minorités ethniques, des Hmongs noirs, des Dzao Rouges par exemple. Ils ne se considèrent d'ailleurs pas vraiment comme vietnamiens. On a discuté avec une dame qui nous a demandé si notre guide était Vietnamien (sous entendu : ou bien comme nous, d'une minorité). Notre guide était vietnamien, il venait du Nord Est du pays, région très pauvre également.

     

    A Sapa il n'y a qu'un seule récolte de riz par an, contrairement au sud du pays. Ici l'hiver est trop froid pour permettre de cultiver. Tous le riz qui est produit ici est donc consommé par les habitants, il n'est pas commercialisé, il n'y a donc pas de rentrée d'argent.

     

    Le riz est l'aliment de base dans ces montagnes, accompagné des quelques animaux qu'ils élèvent. Pour donner une idée des quantités, voilà un champ qui permet de nourrir une famille de 3 pendant une année. On voit leur cabane sur la gauche. Le seul problème c'est qu'ici, les familles n'on jamais un seul enfant, mais plutôt 6 ou 7...

     

    Dans ces villages reculés, il n'y a aucun accès à l'école pour les enfants. Certaines familles sont très pauvres, d'autres s'en sortent mieux grâce au tourisme. Il y a maintenant de nombreux téléphones portables dans les villages, le plus souvent des smartphones. Notre guide en avait un, je lui ai demandé si ça coutait aussi cher qu'en Europe, il m'a dit qu'un d'occasion se payait environ 240 euros...

    On a croisé de nombreux buffles sur le sentier, d'ailleurs ils prennent toute la place ! Ils sont utilisés pour "retourner" le sol des rizières, et ce sont très souvent des enfants qui sont chargés de les surveiller, ce qui n'est pas une mince affaire ! Ils restent rarement sur le sentier et vont manger n'importe où : 

    Le soleil a chassé les nuages, il commence à faire un peu chaud mais on est bien, la vue sur les montagnes et la vallée est magnifique : 

    On arrive sur le village de Taphin, là où on va passer la nuit. C'est là qu'on a vu nos rizières les plus vertes, nos préférées : 

     

    On a croisé un jeune qui avait trouvé un nid. Les oisillons sont absolument minuscules, sur la photo on voit la phalange du guide pour comparer la taille : 

    C'est beau...

    On s'est installé à l'ombre, on avait un peu de temps avant de rejoindre la famille qui nous héberge pour ce soir. Taphin est un village assez peuplé, relié par une route en bon état depuis Sapa, donc il est touristique. A peine assis, trois petites sont venues à côté de nous pour nous vendre des objets. On a partagé avec elles les biscuits qu'il nous restaient. Elles font partie des Hmong Noir, leurs vêtements sont assez reconnaissables.

    Le guide nous a expliqué que les filles dans ces tribus sont en général mariées vers 16 ou 17 ans. J'ai demandé s'il était préférable pour de jeunes parents d'avoir des filles ou des garçons, il m'a répondu que les deux étaient bien accueillis. Il est important d'avoir un garçon, car il restera avec sa famille et aidera aux champs, mais c'est aussi bien d'avoir une fille car elle pourra être mariée. Ici, c'est la famille du garçon qui paie pour que la future épouse s'installe chez eux, ce qui fait un peu d'argent pour la famille de la fille. Même si pour nous c'est très éloigné comme fonctionnement, c'est en tout cas plus équitable que ce qui se pratique en Inde, où la famille de la fille doit fournir une dot importante, et où donc les filles ne sont pas les bienvenues à la naissance.

    Nous avons ensuite fait la connaissance de la famille qui nous héberge ce soir : Mr Fu, sa femme, et leurs deux enfants qui ont déjà une douzaine d'année et qui passeront la soirée dehors. On a eu un peu de mal à s'y retrouver car dans le village toutes les portes sont ouvertes, tout le monde entre chez son voisin, s'installe, puis repart comme si de rien n'était, revient un moment plus tard... On était un peu perdu au milieu de toutes ces allées et venues, mais au moment du repas, chacun retourne chez soi.

    On se demandait un peu ce qu'on allait manger ce soir. En fait c'est l'agence par qui on a réservé cette excursion qui fait parvenir une caisse de nourriture à la famille. Il y a manger pour 10, ce qui permet à la famille d'avoir assez pour les prochains jours. On trouve que ce système est bien, on avait peur que la famille fasse un repas très imposant pour honorer l'hospitalité, mais qu'ensuite ils n'aient plus assez pour eux. On les a regardé préparé une partie du repas, puis on s'est attelé à la fabrication des nems. En fait c'est super simple, on coupe tout ce qu'on a envie de manger en petits morceaux, et roule dans une feuille qui ressemble à du plastique, et on met dans l'huile bouillante. On s'est dit qu'on en ferait à notre retour en France. Voilà Mr Fu, ici les hommes aident sans problèmes à la cuisine (même si c'est plutôt la femme qui fait la vaisselle !) : 

     

    Voilà la deuxième partie de la cuisine, à côté du feu. Vous pouvez voir un robinet au fond, et dans le sol il y a un trou, tout s'évacue par là. Ils se servent beaucoup des bassines, pour nettoyer, entreposer, et puis quand c'est fini ils vident tout par terre, un petit peu d'eau pour évacuer, et c'est propre. On trouve ça super pratique !

     

    Nico s'est super bien débrouillé dans le "roulage de nem" :  

    Voilà où on a dormi, à l'étage. Les couettes étaient super chaudes et douillettes : 

     

    Voilà le repas du soir, prévu pour 6 personnes ! Et encore, il manque le riz, il est arrivé juste après la photo. Nems aux légumes (un délice), porc, poulet, tofu, choux et ce qui est vert ce sont des feuilles de courges, mais on n'est pas fan...

    Les petits récipients qui ressemblent à des coquetiers c'est pour l'alcool de riz, et nos hotes les ont remplis de nombreuses fois. Nico buvant les miens, il a eu double dose, j'ai arrêté de les compter à partir du huitième... Mais le lendemain il était en forme, ce n'est pas un alcool très fort apparement. Mr Fu, qui visiblement avait commencé un peu avant nous était complètement cuit, il n'a d'ailleurs pas fini le repas avec nous !

    On a passé une bonne soirée, on a bien rigolé. Après, la barrière de la langue est quand même bien présente, on a donc peu échangé avec la famille, et plus avec notre guide. On a également senti qu'ils étaient "habitué" à recevoir des touristes, et ils n'étaient pas vraiment curieux, c'était une soirée comme une autre pour eux, avec un bon repas quand même. Il ne faut pas faire ce genre d'excursions en se disant qu'on va faire de "l'authentique", rencontrer des gens qui n'ont jamais vu d'occidentaux... Les 20 premières fois, ils étaient peut-être très curieux, mais maintenant qu'ils ont un ou deux groupes par semaine, c'est la routine. Si on veut de l'authentique, il faut aller dans les cabanes en bois qu'on a croisé dans les petits villages, mais là le confort n'est pas le même... 

    On a passé une bonne nuit (même si Nico a dit que j'avais pris toute la place alors que c'est même pas vrai), et le lendemain on a repris la route, sous un soleil intense, on en a encore pris plein les yeux : 

    Même si les rizières sont très présentes, il y a quelques autres cultures : maïs, courges, concombres, et ça...

    Le guide explique qu'ils se servent du chanvre pour fabriquer des vêtements. Question de Nico "ah bon, ils le fument pas ?" "heu, si, aussi, un peu...". Et vu le nombre de plans qu'on a vu, ils doivent pas en fumer qu'un peu !

    Petite pause pique-nique en haut de la montagne (la montée a été rude !). J'ai oublié ma casquette dans un hôtel à Hanoi, alors on se protège avec les moyens du bord : 

    La descente a été aussi difficile que la montée, on est arrivé à Sapa bien fatigué ! On a adoré ces deux jours, on a vu de magnifiques paysages, croisé des enfants heureux de nous voir parce que ça les changeaient un peu de leur quotidien, discuté avec un guide sympa, sympathisé avec une écossaise...

    En fin d'après midi, on a pris un bus de nuit pour retourner à Hanoi, grosse sieste aujourd'hui pour s'en remettre ! On quitte le Vietnam samedi, bientôt le bilan en ligne. 

     

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